Snapchat : entre piratage, publicité et concurrence

Publié le: 22 octobre 2014

Catégories: Médias sociaux

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Dur d’y voir toujours clair dans le jeu de Snapchat, l’une des applications mobiles préférées des adolescents à l’instar de Instagram et Twitter. Après avoir refusé, fin 2013, d’être racheté par Facebook pour 3 milliards de dollars (lire : Pourquoi Facebook propose de racheter Snapchat pour 3 milliards de dollars ?), aux dernières nouvelles, Snapchat serait en discussion pour permettre à d’autres entreprises de prendre une participation. Yahoo serait ainsi en mesure de proposer 20 millions de dollars pour une petite prise de participation, comme il avait su le faire à l’époque avec Alibaba.

Il n’y a donc pas de volonté fermée des fondateurs de Snapchat de ne pas se faire racheter mais bien au contraire une volonté de continuer à faire monter la mayonnaise (et les prix).Snapchat fonctionnellement continue à s’enrichir (lire : Snapchat, l’âge de maturité d’un service mobile pour adolescents ?) et souhaite continuer à pouvoir le faire de manière indépendante. Désormais l’application serait évaluée à plus de 10 milliards de $, du fait, non pas de son business model ou de son chiffre d’affaires actuel, mais bien de sa capacité future à savoir monétiser son audience en croissance exponentielle ces derniers mois.

La monétisation ! Le mot est lâché. Même si les fondateurs se défendent d’être dans une impétueuse nécessité de devoir s’activer sur ce terrain là, ils savent que par rapport à des discussions actuelles et une concurrence accrue de nouveaux services dont certains leadés par des géants de l’informatique mondial (comme Microsoft avec Skype Qik -j’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet ultérieurement dans cet article), ils doivent sortir du bois.

Première pierre angulaire de leur offre : les fonctionnalités in-apps vendues aux utilisateurs. C’est la raison pour laquelle Snapchat à l’instar de d’autres sociétés majeurs souhaitent également se faire une place sur le terrain du paiement mobile ou plutôt du paiement in app (lire : Snapchat, Twitter, Facebook : pourquoi sont-ils tous intéressés par le paiement mobile ?).

Deuxième étage de la fusée, la plus classique monétisation publicitaire. Snapchat sait que sur ce terrain, il avance potentiellement sur un terrain glissant puisque son audience relativement jeune est peu enclin à subir des messages publicitaires intrusifs, et que c’est l’une des raisons entre autres d’un certain abandon de sa part de Facebook (le terme abandon est ici très largement à relativiser). Dans un post sur leur blog , Snapchat nous informe ainsi que la publicité ne sera pas ciblée et qu’il s’agira pour le moment de développer des « sponsored stories ». 

Pour le moment, Snapchat ne va donc pas sur le terrain de la publicité ciblée qui est, pourtant, une tendance forte du mix publicitaire des plateformes sociales. En effet, pour réussir à développer une offre publicitaire basée sur le ciblage, il faut avoir une vraie confiance des utilisateurs et des annonceurs. Les dernières actualités entourant la marque ne sont pas propices à développer cette confiance. En effet, la sécurisation de la plateforme qui subit de plein fouet des actions de piratage ont été dernièrement très largement relayé sur Internet (par exemple : Tout ce qu’il faut savoir sur le piratage des images Snapchat).

Du côté des concurrents, Snapchat doit faire face à des nouveaux acteurs. J’ai, par exemple, évoqué plus haut dans cet article la volonté de Microsoft de s’appuyer sur le service et l’audience de Skype pour adapter son offre aux nouveaux usages conversationnels des internautes. Skype Qik se présente donc comme une application mobile disponible sous Android, iOS et bien évidemment Windows Phone permettant de partager des contenus à durée de vie limitée à ses amis. Comme pour Snapchat ou autres WhatsApp, l’application fonctionne simplement avec le numéro de téléphone de l’utilisateur, sans avoir besoin nécessairement d’un compte Skype. Petite vidéo de présentation.

Snapchat est donc en plein questionnement sur son avenir. Tous les acteurs doivent passer par cette étape, mais tous ne la surmontent pas.

2 commentaires pour Snapchat : entre piratage, publicité et concurrence

  1. […] Dur d'y voir toujours clair dans le jeu de Snapchat, l'une des applications mobiles préférées des adolescents à l'instar de Instagram et Twitter. Après avoir refusé, fin 2013, d'être racheté par Fa…  […]

  2. Manon Valdu dit :

    Après que des hackers ou des pirates aient divulgué sur le web des photos personnelles et confidentielles via Snapchat, cette application continue de faire parler d’elle sur le net. D’abord les piratages, ensuite, les refus de vente aux génies du web tel que Facebook même à un prix tournant aux alentours de 3milliards, voilà maintenant qu’il a un concurrent sur le marché : Skype Qik. Toujours en termes de concurrence, Blackberry Messenger dispose d’une mise à jour qui s’est inspirée des fonctionnalités de Snapchat.

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