Myspace renait de ses cendres : faudra-t-il compter avec lui demain ?

Publié le: 22 novembre 2012

Catégories: Médias sociaux

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MySpace peut-il réussir à redevenir un réseau social qui compte ?

MySpace peut-il réussir à redevenir un réseau social qui compte ?

Beaucoup de discussions réemergent autour de MySpace. Vous pensiez que MySpace était définitivement à classer dans les losers du Web dans le cimetière des réseaux sociaux ? Détrompez-vous !

Depuis que Justin Timberlake (via Specific Media) a repris les rennes de MySpace en lieu et place de Rupert Murdoch (NewsCorp), tout a changé et les orientations sont nombreuses :

  • Réseau Social bien évidemment ciblant les artistes pour (re)faire de MySpace le meilleur espace pour suivre l’actualité de ses artistes musicaux préférés. On peut compter sur le « réseau » de Justin Timberlake pour arriver à faire venir du monde et à inscrire MySpace dans l’écosystème digital des artistes avec Twitter et Youtube, et pour concurrencer Facebook.

  • Social Television : la bataille se situe et se situera de plus en plus sur la télévision. Je vous parle de Social Televion depuis bientôt 2 ans et il est évident que l’on en parlera encore plus l’année prochaine au vue des initiatives publicitaires et des programmes / chaînes qui se multiplient. Face à Apple et Google qui veulent largement investir ce marché de la télévision connectée avec leur propres services, les constructeurs historiques comme Panasonic doivent s’armer rapidement au risque de n’avoir que leur yeux pour pleurer. Le partenariat entre Panasonic et MySpace est donc bien celui entre un constructeur qui doit intégrer des contenus et des services nativement au sein de ses téléviseurs, et celui d’un service riche de contenus qui doit aller sur de nouveaux supports pour les rendre visible auprès de ses publics. L’accord entre les deux partis prévoit donc d’embarquer l’application MySpace TV sur la prochaine gamme de téléviseurs connectés Viera de Panasonic depuis le premier semestre 2012. “MySpace offre des actifs musicaux inégalés, avec 42 millions de morceaux de musique et 100.000 clips vidéo. Nous les mettons à disposition d’une audience de 80 millions d’utilisateurs dans le monde”, présente Philippe Besnard, directeur général Europe occidentale de Specific Media.

  • Musique : MySpace l’a annoncé il y a quelques jours sa volonté de réaliser une nouvelle levée de fonds de 50 millions de $ pour venir concurrencer les services d’écoute de musique en ligne que sont Spotify et Pandora. On comprend qu’en lien avec l’orientation musicale de la plateforme avoir le service de streaming qui va avec fait sens. En plus, Myspace estime être particulièrement bien placé pour entrer sur ce marché puisque la société bénéficie d’un catalogue de 27 millions de titres publiés par des artistes n’ayant aucun contrat dans des maisons de disque. Malheureusement pour MySpace, le marché de la musique en ligne continue à se densifier. Même s’il s’agit de vidéos, il faudra prochaineemnt compter en France avec Vevo, la plateforme de vidéos musicales créée par Sony et Universal (plus d’informations dans Vevo prepares for European launch).

Retour vers le futur 

MySpace a été dans les années 2005, la plateforme sociale de référence dont tout le monde parlait et sur laquelle il fallait être, surtout aux Etats-Unis. Face à la montée de Facebook à partir de 2005, MySpace a fait très vite de s’orienter autour de la musique et des artistes. Créneau intéressant et porteur sur la Toile car on sait que dans le web communautaire, les influenceurs ont une capacité d’attraction forte et peuvent donc faire venir d’importantes populations ? Dans ce cadre, MySpace a servi de supports pour de nombreux artistes et même des émissions de radio ou des marques ciblant certes plutôt les jeunes et qui avaient déjà comprus l’importance du Branded Content sur le digital (Adidas, Converse…). MySpace a ainsi centré son service autour du contenu créé par les utilisateurs et principalement la musique afin d’être en mesure de mieux monétiser (par le biais de la publicité) auprès d’annonceurs.

Le service à son apogée avait alors été racheté par le groupe média NewsCorp du milliardaire Ruppert Murdoch pour la somme de 580 millions de $, rachat qui avait fait coulé beaucoup d’encre à l’époque. Mais la montée en puissance de plateformes plus riches à amener une inévitable migration ver Twitter et Facebook. MySpace avait bien tenté de réagir dès 2007 mais la montée en puissance de Facebok était déjà en marche.

Les raisons de l’échec

Les raisons de l’échec de MySpace, au delà de la montée en puissance de services comme Facebook était clairement la non évolutivité du service pendant plusieurs années. Là ou l’on reproche à Facebook d’évoluer trop souvent en ajoutant quasiment chaque semaine de nouvelles fonctionnalités pour l’utilisateur ou pour les entreprises, MySpace avait le choix des contenus et d’une ergonomie relativement stable.

L’autre raison de l’échec est surtout que MySpace et Facebook ne sont finalement pas comparables même si pendant longtemps ils l’ont été. Si nous devions schématiser, nous pourrions dire que MySpace était plus proche d’une logique de portail de blogs alors que Facebook aujourd’hui est une plateforme sociale riche d’un ensemble de fonctionnalités dont les applications qui très tôt ont fait le succès de la plateforme (dont les jeux qui sont bien souvent le meilleur levier pour attirer une « communauté »). Ce qui est central c’est donc moins l’utilisateurs que les contenus. Le frein de MySpace, comme sur Twitter, est le fait que le contenu est central et valorise plus les créateurs / relayeurs de contenus que la majorité silencieuse, tout l’inverse de Facebook.

Facebook et MySpace : concurrents ?

Même si la tentation sera forte chez de nombreux observateurs ces prochaines semaines de chercher les différences entre Facebook et MySpace, on peut finalement se demander si des services très attendus comme Branch ou Medium (créés par les fondateurs de Twitter) ne seront pas les vrais concurrents.

En effet, hors mis quelques marques d’univers identifiés, on voit plus difficilement des marques d’assurances, d’énergie ou d’immobilier investir fortement ce terrain.

Par contre, si bataille il y a, celle-ci sera clairement sur les investissements médias. A l’instar de Twitter, MySpace va d’abord viser à faire venir une audience fidèle. Les artistes représentent la tête de proue de cette stratégie pour capter notre attention digitale. Fort d’une certaine audience, Myspace sait qu’il sera plus facile alors d’intéresser des annonceurs et de leur proposer un ensemble de fonctionnalités diverses au delà de la simple publicité.

La question qui demeure est de savoir si ce nouveau Myspace n’est finalement pas qu’un simple relfiting de l’ancien. Myspace, sans préjuger de rien, possède une ambition d’abord sur la Social Télévision. L’arrivée de Google TV, des téléviseurs connectés, permettra à MySpace de proposer des programmes et fonctionnalités pour les artistes pour faire vivre leur «marque» sur différents univers. Finalement Myspace veut réussir là où MTV semble avoir un train de retard à savoir l’expérience 360° autour des contenus centrés sur la musique et les artistes. A suivre donc…

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