Où en est Pinterest en France ?

Publié le: 17 février 2015

Catégories: E-commerce, Médias sociaux

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Si l’on écoute et regarde seulement les chiffres, on pourrait facilement tirer la conclusion que Pinterest continue d’avoir une progression plus que faible, surtout au regard de l’explosion des applications mobiles comme Snapchat, Line ou bien encore WhatsApp qui raflent ces derniers mois une grande partie de l’attention des mobinautes. Avec environ 80 millions d’utilisateurs actifs, on est effectivement très loin des chiffres à plusieurs centaines de millions d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux leaders. Déjà en octobre 2013 (lire : Pinterest : dernières nouveautés et chiffres), je vous présentais les chiffres du nombre d’utilisateurs globaux qui étaient en dessous de plateformes centrées sur l’image comme Instagram et désormais cet écart s’est considérablement creusé en terme d’activité et de nombre d’utilisateurs actifs.

De plus, encore une fois, comme Twitter à une certaine époque, avant son entrée en Bourse (lire : le chiffre FAUX des 500 millions d’inscrits sur Twitter), Pinterest « s’amuse » à mélanger dans ce chiffre d’utilisateurs actifs des utilisateurs représentant des internautes et des internautes représentant des marques, ce qui donne finalement une vision faussée de nombre de « personnes » utilisant véritablement fréquemment Pinterest.

On sait également que si Pinterest d’un point ergonomique et notamment dans la navigation dans des contenus à apporter un vent de fraîcheur sur le web, ce vent de fraîcheur a depuis déjà longtemps été repris par des sites e-commerce majeurs (Avec eBay Collections, Pinterest continue de s’inspirer de Pinterest) ou d’autres plateformes de curation verticalisée (TumblR + Social Shopping + Whish list + PPR = Fancy.com). Bref des signes qui semblent peu encourageants. Si nous allons voir plus loin…

Pinterest : un référencement problématique

Je ne vais pas vous apprendre combien le SEO est primordial quand vous basez votre stratégie sur le contenu comme c’est le cas avec Pinterest. A la différence de nombre de réseaux sociaux (qui eux aussi ne profitent pas du référencement naturel des conversations dans les moteurs de recherche externes comme source potentielle de trafic), Pinterest ne se centre pas sur les conversations entre internautes où c’est le profil qui est central. Ici ce qui est central c’est l’image, c’est le contenu reléguant finalement l’émetteur au second plan. Les logiques de curation et d’agrégation ont cela de formidables est qu’elles permettent à n’importe quel internaute d’agréger quantité de contenus sans en produire un seul. Le retour de bâton est que l’utilisateur passe au second plan. Cela est un autre problème dans le calcul de la pseudo influence d’une personne comme le calcule aujourd’hui des systèmes comme Klout qui mélangent des serviettes (blogs, Twitter, …) et des torchons (Pinterest, Swarm, …).

Des chiffres partiellement grossis grâce aux avantages du SEO

D’un côté, je vous dis que le développement potentiel de Pinterest souffre de lacunes en termes de SEO du fait que lorsque vous faites un recherche sur Google de contenus images vous n’aurez pas de contenus hébergés sur Pinterest qui remonteront dans les premiers résultats. Par contre, Pinterest peut être un formidable outil pour améliorer le référencement de votre propre site. La balise alt des images présentes sur votre site sera par exemple reprise automatiquement dans la description des images pinnées depuis votre site. Ces avantages sont certes intéressants et poussent nécessairement les sites et notamment les sites e-commerce à être présents sur Twitter. Il ne s’agit pas ici d’une recherche d’audience mais une recherche de liens pointant vers les pages de votre site au travers de vos images partagées. Cela fait penser étrangement aux principes de Google+ où le nombre de shares sur ce réseau social était un critère surpondéré dans l’amélioration potentielle de votre référencement qui a donc fortement bénéficié non pas à l’audience de Google+ mais à la création de comptes et le nombre de contenus partagés.

Comment faire pour se développer ?

Pour se développer, Pinterest est parti depuis plusieurs mois désormais dans une course à l’enrichissement fonctionnel. Vous le verrez néanmoins ce qui apparaît ici comme problématique c’est que Pinterest est plus dans une notion de rattrapage fonctionnel face à des plateformes sociales majeures que véritablement d’innovation. Quelques exemples pour en avoir la preuve :

  • Le lancement de la partie Analytics accessible pour n’importe quel utilisateur depuis Analytics.pinterest.com : les chiffres sont clés et nous poussent à vouloir les améliorer. Il n’est donc pas illogique de voir Pinterest proposer de manière ouverte et pour tout utilisateur des statistiques avancées de performance de son compte et de ses pins. Sauf que cette annonce datant mars 2013 (et suivant de quelques mois le lancement des comptes Business mis en place en novembre 2012) est passée relativement discrète, notamment face à celle de Twitter qui avait lancé au même moment sa propre plateforme d’analytics (lire : Twitter accélère son développement : SocialTV, Analytics, publicités géolocalisées).

  • Une logique publicitaire centrée sur les Pins sponsorisés : malgré une audience plus faible que les autres plateformes sociales, Pinterest a bien été obligé d’accélérer sa logique de monétisation. Au travers des fonctionnalités publicitaires permettant de valoriser des pins ou bien son compte après des utilisateurs de la plateforme, Pinterest repart ici de ce qui était déjà proposé par Facebook et Twitter. Pinterest est « obligé » également comme toutes les plateformes sociales majeures maintenant d’ouvrir une partie de ses données à des partenaires pour montrer les avantages du ciblage grâce à ses données. Ainsi, le programme Pinterest MarTech Developer Alpha permet à un nombre limité de fournisseurs de technologies comme par exemple Piqora, Salesforce ExactTarget Marketing Cloud, Percolate, Spredfast ou Curalate d’accéder à une partie des données?

  • Apporter du trafic à des sites ou garder son trafic ? : Pinterest s’est développé en partie grâce à sa logique d’apporteur de trafic. Une image épinglée et un clic plus tard vous vous retrouviez facilement sur le site proposant cette image. Les sites e-commerce ont vite faits alors de s’emparer de Pinterest pour cette propension que ce dernier pouvait avoir à générer du trafic. Sauf que depuis le lancement des Rich Pins sur Pinterest (apporter plus de contenus directement sous une image. Exemple : le détail d’une recette sous une image d’un produit cuisinée ou bien encore les caractéristiques détaillées d’un produit dont la disponibilité et le prix), Pinterest commence à avancer ses pions pour essayer de garder captif une partie de son audience. A l’instar de Twitter et de ses Twitter Cards, Pinterest ne pourra fortement développer ses logiques de monétisation si le site ne se place que comme un apporteur de trafic. Pinterest annonce cette semaine vouloir aller encore plus loin dans cette logique avec l’annonce du lancement de son bouton « Buy » directement intégré sur la plateforme dans le courant de l’année (lire : Pinterest is reportedly trying to launch a « Buy button » this year). C’est dans cette même logique qu’il faut comprendre le partenariat annoncé avec Apple qui vous permet de télécharger des applications pour iOS directement depuis Pinterest (lire : Pinterest now lets you pin and download Apple apps). Pinterest ne devient plus alors un site d’agrégation de contenus mais une vraie marketplace. Sauf qu’aujourd’hui, Facebook et Twitter, mais aussi Line (Line, l’application mobile sociale, se lance à son tour dans le e-commerce) ou bien encore Snapchat, semblent très intéressés par ce qui se passe sur le terrain du e-commerce. Est-ce que, dans cette bataille de transformer une plateforme sociale de contenus ou de conversation en plateforme marchande, Pinterest est le mieux positionné ? L’entrée du géant japonais du e-commerce, Rakuten, dans le capital de l’entreprise, allait nécessairement insuffler plus fortement et rapidement cette marche vers cette transformation vers le e-commerce intégré.

En résumé : Pinterest peut-il réussir dans sa voie e-commerce ?

Alors je sais que cet article ne plaira pas aux PRO-Pinterest qui voudront défendre leur réseau social… donc ne vous inquiétez pas je suis preneur de vos contre arguments en commentaires. Néanmoins, un certain nombre de signes très encourageants sont à noter. Par exemple le principe des Whish lists qui est une fonctionnalité e-commerce pertinente notamment par rapport aux logiques potentielles de ciblage publicitaire des utilisateurs. Pinterest est clairement bien placé voire même mieux placé sur ce territoire que Facebook. Le principe est celui d’un flux dédié aux produits que l’on peut acheter, nommé le Gift Feed. Ce flux présente le prix des produits, le lieu où on peut les acheter et utilise directement le principe des Product Pins lancé précédemment au printemps 2013.

Si on résume : 2013 a été une année charnière pour Pinterest qui au delà d’une levée de fonds majeur a largement enrichie sa plateforme d’un ensemble de fonctionnalités posant les bases eu e-commerce plus avancées. Depuis 2014, il s’agit pour Pinterest de clairement rentabiliser ces investissements au travers aussi bien des logiques publicitaires (ciblage, …) que de la transformation vers une logique de marketplace.

5 commentaires pour Où en est Pinterest en France ?

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