Transformation digitale : les nouveaux métiers du digital

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Avec la montée en puissance du Digital au sein des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des entreprises. Pour accompagner depuis près de 4 ans désormais cette mutation digitale des grandes entreprises françaises et internationales, on voit de nombreux nouveaux acronymes apparaître pour définir de nouveaux postes et de nouvelles fonctions au sein d’entité digitale renforcée. Je ne vous parlerai pas ici des métiers « classiques » d’Internet (Chef de projet, Responsable Affilitation, Responsable SEO, Trafic Manager, Webmaster…) mais bien des nouvelles fonctions que l’on voit apparaître depuis 12 / 24 mois. Petit panorama de votre (peut-être-) prochain poste.

Le Chief Digital Officer

Historiquement, le département digital / numérique / internet des entreprises avait une vocation première centrée autour du e-commerce. Les entreprises qui ont lancé il y a plus de 10 ans pour certaines cette logique d’une entité dédiée au Digital l’ont fait largement dans une logique marchande. Le poste historique de Directeur Internet était donc souvent proche d’une logique de Directeur E-commerce ou plus largement de Directeur Marketing Internet.

Sauf qu’aujourd’hui l’activité digitale d’une entreprise est rarement à réduire au simple marketing ou activité marchande. Elle regroupe des actions et des enjeux bien plus vaste (dont la digitalisation / transformation numérique fait bien souvent partie). Le Chief Digital Officer, au même titre que le CTO (Chief Technical Officer ou DSI en bon français) ou le CMO (Chief Marketing Officer ou Directeur Marketing) n’est donc plus une fonction rattachée à une autre département (la Communication ou le Marketing) mais bien un département en propre. Après la question qui nous est fréquemment adressée est « Jusqu’où l’entité Digitale doit être transverse au sein de l’organisation et son rôle est-il d’abord celui de Pilote ou celui de Guide / Consultant ? ».

Le Social Media Manager

Si les écrits sont très  nombreux autour du métier du Community Manager, et que depuis plus de 6 ans, je décrypte les évolutions de ce métier. Une réalité s’impose dans les organisations les plus avancées sur les médias sociaux, où l’activité sociale s’étant élargie (à la fois en termes de supports que de métiers présents), la nécessité de piloter la stratégie et d’optimiser les démarches pour faire la passerelles entre la Communication, la Relation Client et le Marketing a imposé ce métier de coordinateur stratège qu’est le Social Media Manager. Pour en savoir plus : Les rôles du Social Media Manager en entreprise.

Le Data Scientist

Autre phénomène d’ampleur lié à l’explosion de l »activité digitale de l’entreprise, le besoin de mieux mesurer et comprendre ses clients. Même si la Big Data accouche d’une toute petite souris, au grand damne des éditeurs de logiciel et intégrateurs qui ne souhaitent le reconnaître (seule 1% des données des entreprises sont réellement traitées selon une étude récente partagée par Microsoft lors des récents Tech Days), bulle commerciale et technologique sur laquelle j’avais eu l’occasion de revenir (Les enjeux de la Big Data à l’heure des médias sociaux). Néanmoins, le besoin de comprendre et d’analyser est une réalité. Trop de chiffres et d’études ne servent qu’à appuyer / légitimer des actions passées et ne servent pas de guide à l’action et l’optimisation. Même sur des métiers classiques que sont ceux du SEO ou de l’achat média, encore très peu de vraie optimisation des actions sont faites. Les démarches et les budgets croissants sont saupoudrés sur les différents leviers sans vraiment savoir où est la performance et où sont les priorités.

Pour en revenir au métier de Data Scientist, il n’est qu’une évolution du métier historique de Data Miner mais il s’agit moins désormais de Statisticien que de vrai Analyste permettant au travers des données utiles d’optimiser des démarches et des actions.

Le Creative Technologist

Autre tendance notable actuel du Digital, la montée en puissance des terminaux connectés que ce soit en lien direct avec un réseau de distribution (points de vente) que dans le cadre d’une logique d’expérience servicielle voire même de nouveaux produits commercialisables. Créer le produit peut être un enjeu industriel mais le plus important sera de faire un service digital utile. Comprendre les usages de sa cible notamment envers les médias sociaux et les principes communautaires de partage font aujourd’hui partie des enjeux pour la création de vraies produits connectés performants et utiles. Trop d’objets connectés ne correspondent à date en rien à des usages et des attentes des consommateurs et ne sauront que des prototypes servant de belles RPs. Ce métier est comme son nom l’indique à la croisée entre la créativité et la technologie : la technologie doit se mettre au service de la créativité pour créer des expériences toujours plus riches et personnalisables. Attention néanmoins à la surenchère de technologie sur des produits avec une durée de vie courte et ciblant d’abord des geek early adopters.

L’E-influenceur

Cela peut vous paraître surprenant que je classe l’e-influenceur dans des métiers que l’on peut retrouver dans l’entreprise mais c’est bien le cas. La voix d’une entreprise se doit d’être amplifiée par ses clients, ses collaborateurs, un réseau d’influenceurs d’externes mais aussi par des employés dont c’est directement la fonction. Il ne s’agit pas à proprement parlé ici de Community Manager qui bien souvent avance à visage masquée ou à moitié masquée où c’est la marque qui s’exprime sur ses supports. Dans le cadre d’E-Influenceur, il s’agit de faire de certains employés déjà intégrés au sein de certaines communautés de vrais portes-étendard de la marque. On retrouve beaucoup ces postes dans les médias où l’E-influenceur est de plus en plus incarnée et personnifiée au travers d’une ou plusieurs personnes. Certains marques y viennet et font de certains de leurs employés de vraies égéries 2.0. On le sait en plus que la dimension personnelle (individuelle) est au centre des réflexions d’acteurs digitaux comme Google ou Facebook.

Le Digital Evangelist

On croit souvent que ce métier / fonction est le propre de conférencier ou de consultants, sauf qu’aujourd’hui faire entendre et comprendre le Digital au sein d’une entreprise passe par le biais de relais nécessaires. Sauf que si ces relais sont perdus dans la gestion de projets ou dans la défense d’intérêts hiérarchiques, leur discours perd de leur force. Le Digital Evangelist est bien souvent nommé une fois que l’entreprise a avancé et acté une voie précise pour sa Digitalisation. Il n’est alors que l’accélérateur à la compréhension des mouvements digitaux qui s’opèrent dans l’entreprise pour les faire comprendre et infuser au sein de l’organisation.

J’aurai pu évoqué d’autres dénominations de postes que je vois parfois apparaître chez certains de nos clients mais l’idée n’est pas de choisir la bonne dénomination mais comprendre les logiques actuelles qui sous-tendent ces nouveaux métiers (qui n’en sont pas toujours) et qui sont liés directement aux évolutions d’Internet (Social Media, Big Data, Objets Connectés…).

18 commentaires pour Transformation digitale : les nouveaux métiers du digital

  1. […] Avec la montée en puissance du Digital des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des entrepri…  […]

  2. Intéressante synthèse des perspectives de métiers en entreprise, l’une des rares qui aille au-delà des métiers d’entrée de carrière souvent réservés aux « Digital Natives ».
    Dans le même ordre d’idée que le Chief Digital Officer, je pense aussi que la permanente augmentation des volumes de données va susciter l’émergence d’un rôle centré sur le Big Data, qui pourrait être nommé Chief Data Officer.
    Ce type de position existe déjà dans certaines organisations aux US, notamment dans la banque, les télécoms ou la santé.
    De même, cette position se fait jour en France, pour le moment un peu préemptée par les DSI (cf. cette interview: http://www.bigdataparis.com/itv-pierre-delort.php) mais qui relève vraiment d’une vision transversale de la gestion optimale des données dans l’entreprise. Personnellement, j’appelle ce type de rôle « elicitor », à la fois facilitateur et traducteur, lien indispensable entre la stratégie de l’entreprise et les opérations…

  3. […] Avec la montée en puissance du Digital au sein des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des …  […]

  4. Un grand merci pour cet article etant moi meme analyste, je ne supporte de moins en moins l’usage frequent et abusif de « Big Data ». Par pitie parlons de « interesting/smart data » ou meme de data tout simplement.

  5. […] Avec la montée en puissance du Digital au sein des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des entreprises. Pour accompagner depuis près de 4 ans désormais cette mutation digitale des grandes entreprises françaises et internationales, on voit de nombreux nouveaux acronymes apparaître pour définir de nouveaux postes et de nouvelles fonctions au sein d’entité digitale renforcée. Je ne vous parlerai pas ici des métiers "classiques" d’Internet (Chef de projet, Responsable Affilitation, Responsable SEO, Trafic Manager, Webmaster…) mais bien des nouvelles fonctions que l’on voit apparaître depuis 12 / 24 mois. Petit panorama de votre (peut-être-) prochain poste…./…  […]

  6. […] des entreprises : les nouveaux métiers de l’Internet (Par Cédric Deniaud – Stratégie, analyse et performance […]

  7. Merci Cédric,

    Je me permets de rapprocher ton article d’un communication récente diffusée dans le cadre de Microsoft Techdays :

    Observatoire IDC pour Microsoft : La transformation numérique des métiers de l’entreprise

    http://www.microsoft.com/france/hub-presse/communiques-de-presse/fiche-communique.aspx?eid=65d5516d-9fac-4530-a03f-226959e22e7e

    Bonne journée

  8. […] Avec la montée en puissance du Digital au sein des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des entreprises. Pour accompagner depuis près de 4 ans désormais cette mutation digitale des grandes entreprises françaises et internationales, on voit de nombreux nouveaux acronymes apparaître pour définir de nouveaux postes et de nouvelles fonctions au sein d’entité digitale renforcée. Je ne vous parlerai pas ici des métiers "classiques" d’Internet (Chef de projet, Responsable Affilitation, Responsable SEO, Trafic Manager, Webmaster…) mais bien des nouvelles fonctions que l’on voit apparaître depuis 12 / 24 mois. Petit panorama de votre (peut-être-) prochain poste.  […]

  9. […] "Avec la montée en puissance du Digital au sein des entreprises, et son intégration plus forte au sein des différents métiers, on voit les logiques organisationnelles fortement évoluées au sein des entreprises."  […]

  10. noel dit :

    Intéressant! je l’ai relayé sur mon blog

    • Marli dit :

      Le CRM est encore miuelelr lorsque le client est un socie9taire et qu’il n’y a pas d’actionnaire. C’est dans une e9conomie alternative que doivent pouvoir s’exprimer, au plus, les relations permanentes entre les consommateurs et le fournisseur qui entretiennent des liens communautaires d’expression. Le digital deviendra une projection, un outil qui facilitera et enrichira nos e9changes.

  11. A reblogué ceci sur @timbrado iphonographer et a ajouté:
    je suis un evangélisateur merci Cédric

  12. Mémoire d'images dit :

    Un très bon résumé pour développer les métier en entreprise en relation avec l’internet. Un grand merci !!

  13. Merci de bel article que l’on a cité dans le blog Mère et Fille 2.0 sur un article concernant la Journée de la Femme Digitale 2014. Les futurs métiers digitaux sont mixtes !
    http://www.digitaltruelife.com/2014/03/la-journee-de-la-femme-digitale-2014-liberons-les-talents.html

  14. Pierre Marzin dit :

    La question de l’apparition de nouveau métier est toujours un enjeu fort. Et le suivi de l’évolution des métiers, particulièrement des métiers cadres dont le numérique est prolixe, est le cœur de notre activité à l’Apec. J’en veux pour preuve une récente étude sur Les métiers en émergences http://ow.ly/vyzyp
    La question que nous nous posons : faut-il parler de nouveaux métiers ou de métiers existants qui évoluent en s’enrichissant de nouvelles dimensions, le numérique en l’occurrence. Ce que vous soulignez d’ailleurs en évoquant le passage du data scientist au data miner. Avec en toile de fond la limite de la transversalité que vous soulignez très justement.
    Dans l’apparition de ces nouveaux métiers est-ce que l’appellation anglaise ne participe pas du sentiment de nouveauté ? Est-ce qu’ils seraient aussi nouveaux s’ils étaient nommés en français ?
    De manière plus pragmatique ces métiers apparaissent si vite que ceux qui sont chargés de les recruter n’ont pas le temps de les connaitre vraiment, si j’en crois un échange avec une RH qui citait l’apparition du e-influenceur et qui était bien en peine pour citer les critères qu’elle aurait choisi pour évaluer des candidats à ce poste.
    Merci pour cet article
    Et à propos le webmaster ou webmestre, a-t-il disparu ?

  15. Maxi dit :

    Très intéressant comme article surtout la partie où vous avez parlé de la mutation des fonctions du community manger. À vrai dire, je ne crois pas que les changements qui ‘ont été attribués aux fonctions de ce dernier (des changements qui tournent autour de l’organisation du travail) nécessitent l’utilisation d’un nouvel intitulé pour designer ce poste.

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