Préparer l’économie française à la transformation numérique : est-il trop tard ?

Publié le: 20 janvier 2014

Catégories: Transformation digitale

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Internet révolutionne de nombreux secteurs d’activité. Je ne vous apprends rien a priori et il suffit de voir et d’ouvrir son journal chaque jour pour voir les profondes remises qu’engage le renforcement des usages digitaux par les consommateurs : applications mobiles de réservation de VTC vs les taxis, projet de loi pour contrer Amazon…

Prise de conscience de l’importance du Numérique

Lorsque nous avons avec Stéphane choisi de créer The Persuaders c’était, et c’est, pour accompagner les entreprises françaises dans cette mutation digitale indispensable à leur survie. Le chemin est long et il s’agit clairement d’un marathon où il faut savoir  :

  • partir tôt, sans se disperser dans des innovations « gadgets » inutiles ou dans les projets séduisants de certaines agences mais qui ne font pas sens pour le client / le prospect.

  • apprendre de ses échecs en favorisant le retour d’expériences… et l’intégration de cette expérience au sein des équipes et non pas déportée sur des prestataires.

Beaucoup d’entreprises se sont engagés dans cette voie de la « digitalisation » et non clairement pas attendues, pour lancer ce chantier, le coup de pouce ou la prise de conscience de l’Etat. Pourtant, depuis 3 ans, cette prise de conscience des hautes sphères de l’Administration Française se fait plus importante. Parmi les étapes majeures, on peut rappeler :

  • La création du Secrétariat à l’Economie Numérique en 2008, qui était alors sous la gouvernance de Eric Besson, et qui était directement issue d’un rapport Attali autour de l’Economie Numérique. Les 4 objectifs alors alloués au Secrétariat, et détaillés dans le plan « France Numerique 2012 » portait sur « l’accès pour tous au haut débit fixe et mobile, l’accélération de nouveaux modes de diffusion des contenus numériques, le développement des usages numériques chez les particuliers comme dans les entreprises, et l’utilisation des nouvelles technologies comme outils de modernisation des services publics. »

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  • Le fort soutien financier au développement de projets numériques depuis 2009 au travers du Crédit Impôt Recherche (CIR) dont le montant atteint  5 millions en 2009 ainsi que de OSEO : 1 122 projets et 158 millions d’euros de subventions et d’avances remboursables pour le numérique, qui est le secteur le plus soutenu.

  • La conférence eG8 en marge du G8 tenu en France en 2011, voulu par Nicolas Sarkozy, et à laquelle il était personnellement intervenue, tout comme de prestigieux intervenants dont Mark Zuckerberg.

L’actuelle Secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique, Fleur Pellerin a fait de cet axe (la digitalisation de l’économie française) l’un de ses leitmotiv. On peut se rappeler ce genre de phrase clamée en décembre dernier lors du dernier épisode de la conférence Le Web : « Notre objectif est de faire de la France la startup Republic de l’Europe. »

Les envies sont fortes même si elles ne le sont jamais assez notamment au goût du monde des start-ups. Tout changement oblige de bouger des frontières et le gouvernement avance plus par une lente évolution que par une révolution et un coup de pied dans la fourmilière. Il faut se rappeler ici la fameuse notion de Arnaud Montebourg, toujours lors du Web13, où il a parlé « d’innovation équilibrée » sur laquelle j’avais eu l’occasion de revenir en détail sur mon billet résumé de la conférence (LeWeb’13 : où en sera Internet dans 10 ans ?).

Mission de Philippe Lemoine sur la transformation numérique de l’économie française

La question malgré un ensemble d’initiatives demeure pour le Gouvernement à savoir comment préparer l’économie française au choc du Numérique. C’est pour en partie y apporter des réponses qu’une large mission vient d’être lancée par le gouvernement et confier à Philippe LEMOINE, Président de Laser Cofinoga.

Mon avis est que lorsqu’on pose ce genre de questions, c’est qu’il est déjà en partie trop tard. Plutôt que « préparer », je pense que le bon terme serait rattraper ou intégrer le choc numérique. Ce choc numérique a déjà eu lieu ! Il suffit de voir que le numérique en France c’est un quart de la croissance française et de la création d’emplois.

Dans son rapport de mission qui sera rendu public en juillet prochain, le comité présidé par Philippe Lemoine devra formuler des recommandations, en matière d’investissements, de formation, d’innovation ou de réglementation, et devra dresser une « cartographie de la maturité » et de la maîtrise des enjeux dans chaque secteur. Ce dernier point, sur la cartographie, est clairement la première étape et on le voit, dans nos missions, que tous les secteurs n’ont pas encore subi ce choc. Par exemple, l’univers du luxe pour le moment, malgré de fortes initiatives de communication et des tentatives plus ou moins avancées dans le domaine du e-commerce, sera celui qui subira probablement prochainement de plein fouet l’arrivée de nouveaux entrants. Or, le luxe est un secteur sur lequel la France pèse et veut continuer de peser au niveau mondial. En effet, Steve Calloway de l’institut d’études L2, dans des propos rapportés par PetitWeb ce matin, prédit que Apple, et d’autres marques centrés sur les objets et vêtements connectés, devraient entrer sur ce marché et pourraient en bouleverser les codes.

Pour L2, c’est clair, Apple, qui a recruté les PDG de YSL Beauté et de Burberry va entrer sur ce marché. « Vous croyez vraiment qu’Angela Ahrendts a quitté un poste de CEO d’une des marques de luxe les plus prestigieuses et déménagé toute sa famille de Londres à Cupertino, uniquement pour gérer les magasins d’Apple ? » Et Scott Galloway de se faire visionnaire : « Apple va se lancer non seulement dans les montres, mais aussi dans les lunettes de soleil, les bagages et les accessoires. »

Ce qui est clair est que désormais les entreprises françaises souhaitent plus fortement intégrer l’innovation numérique et notamment en s’appuyant plus fortement sur le monde des start-ups qui offrent cette agilité, et cette réactivité, qui devient impossible pour des grands groupes et entreprises napoléoniennes d’acquérir rapidement : Les grandes entreprises et l’innovation : je t’aime, moi non plus.

Un commentaire pour Préparer l’économie française à la transformation numérique : est-il trop tard ?

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