Les principaux freins à la transformation digitale des entreprises

Publié le: 19 mai 2014

Catégories: Transformation digitale

Mots clés: , , ,

transformation_digitale_changement

Tout le monde veut le changement, mais combien sont prêt à le mettre en oeuvre ? Une grande entreprise est comme un paquebot et le faire manoeuvrer est toujours long et de plus rapides frégates seront toujours plus agiles. Pourtant, tout le monde souhaite tendre dans la même direction. Les volontés et les belles paroles sont légions mais se traduisent bien souvent dans les actes par des changements qui n’en sont pas ou qui éludent les vrais problèmes. Chaque entreprise doit faire face à de nombreux freins pour déclencher et mettre en place les conditions favorables de sa transformation digitale. La Digitalisation ou Transformation Digitale est un mouvement et non une fin en soi (Les 3 chantiers de la digitalisation d’une entreprise et Les 6 étapes de la digitalisation des entreprises) mais peut devenir une étape impérative (Révolution digitale : s’adapter ou mourir)

Une entreprise qui se veut être une entreprise digitale (ou numérique pour les fervents défenseurs de la langue française) veut se transformer pour mieux répondre à ses objectifs voire sauver / adapter son business model aux nouvelles contingences concurrentielles… mais elle doit faire face à plusieurs freins d’abord liés aux veilles organisations vieilles cultures et vieux réflexes.

1/ Le changement fait peur

Le changement est une opportunité. Une opportunité de faire mieux, plus vite, une opportunité de donner un nouveau souffle, une nouvelle direction. Sauf qu’expliquer de but en blanc à ses salariés que désormais on doit devenir une entreprise digitale sans expliquer le « pourquoi » est forcément perçu comme source d’angoisse, de crainte. On oublie bien souvent les craintes non visibles et exprimées en souhaitant les éluder. Ecouter et impliquer pour mieux faire comprendre est bien souvent une bonne manière pour faire de ses salariés des acteurs du changement et non pas des collaborateurs qui vont le subir.

Lorsque la SNCF avait mis en place, en 2012, son Hackathon des Cheminots, l’idée est de montrer à cette audience interne qu’ils ne sont pas exclues de l’innovation dans une approche qui serait d’abord tournée sur les innovations client conçues avec des communautés de développeurs externes.

hackathon_cheminots

2/ Le middle management

Si bien souvent, les opérationnels ont une conscience des dysfonctionnements ou des remontées directement exprimées par les clients sur le terrain. Si la Direction Générale peut parfois faire du Numérique plus qu’une entité en charge de quelques dispositifs de communication voire d’un canal de vente additionnel. Bien souvent le Middle management se retrouve pris dans l’étau et dans des considérations individualistes et hiérarchiques qui ralentissent le changement (ou en tout cas qui ne le facilite pas). L’entreprise est bien souvent d’abord une guerre de pouvoir pour se faire sa place, y rester, voire prendre celle au dessus de soi. Vous allez me dire que je grossis le trait (et oui je le grossis) ? Sauf que le changement au sein d’une entreprise passe par les collaborateurs, et tous les collaborateurs qui la composent. Bien souvent, ce sont les opérationnels qui sont vus comme les personnes à accompagner et à faire changer.

Le principal changement n’est pas lié à l’adoption d’une technologie numérique, bien un changement de mentalités. Ce changement peut être facilité bien évidemment par de nouveaux modes organisationnels, nouveaux modes de management interne, nouveaux outils de collaboration… mais faire changer les comportements et les mentalités sont le plus complexe. Le middle management est bien souvent d’abord pris dans ses guerres intestines de défense des territoires et des silos, tout en reconnaissant les biais et les limites. Mais renoncer c’est peut être reculer dans la hiérarchie. Ce changement culturel est ce changement dans l’appréhension de son rôle de manager. Avoir l’information, c’est avoir le pouvoir pouvait être vrai au siècle précédent dans les entreprises, sauf qu’aujourd’hui le Top Management doit apprendre à promouvoir d’autres comportements et d’autres pratiques managériales en les insufflant fortement au sein de leur entreprise.

3/ Le fantasme de la formation

Quand on parle de Transformation Digitale, et de transformation en interne, la petite lumière de la « formation » ne tarde pas à s’allumer. S’il faut changer, il faut être formé pour s’adapter et adopter les nouveaux outils de demain, tout en comprenant les usages. Oui c’est vrai la formation est indispensable… mais elle est indispensable dans un processus bien plus large d’acculturation numérique. Penser qu’être formé à Twitter, Facebook ou bien encore LinkedIn permet de faire passer ses collaborateurs à des as du digital est une utopie. On n’apprend pas le karaté après une formation ou un cours dispensé même par le plus brillant des professeurs. Au mieux, on aura envie de s’inscrire à un cours et de le pratiquer chaque semaine. La formation est plus un facilitateur, le liant qui amène à mieux comprendre, à aller plus loin, à inciter. La formation est un fil rouge plutôt qu’un temps fort unique.

4/ Le fantasme de la Technologie

Si la formation peut être vue comme la solution à la question de la Transformation Digitale, la Technologie l’est tout autant vue. Il suffit de voir que le sujet de la Transformation Digitale est largement abordé sous un angle SI… ce qui ne peut qu’arranger certains SSII. Changer pour recommencer est leur mot d’ordre. Le CRM est à peine mis en place qu’il faut le changer. Le réseau social interne est la solution pour faciliter la collaboration. Tout cela sont des outils, et comme tout outil s’ils ne sont pas destinés et accolés à des pratiques souhaitées et développées, ils restent des outils faiblement utilisés.

Je crois que le réseau social interne a été ces 5 dernières années le plus grand fantasme vendu par les SSII et sociétés spécialisés, tout comme l’a été Facebook comme plateforme communautaire par les agences de communication (La révolution ce n’est pas Facebook, c’est la digitalisation des entreprises, publié en 2011). Entre les erreurs coûteuses de certaines entreprises qui ont pensé que déployer un intranet collaboratif ou un réseau social interne était le meilleur moyen de mettre ses collaborateurs en réseau et de favoriser le travail collaboratif et le partage de savoir, entre les entreprises qui accolent le mot « digital » derrière chaque entité ou projet, le digital est d’abord vécu dans une dimension technologique. La question de la transformation digitale n’est pas une question numérique mais d’abord une question liée à l’entreprise et son business model. 

5 commentaires pour Les principaux freins à la transformation digitale des entreprises

  1. […] Tout le monde veut le changement, mais combien sont prêt à le mettre en oeuvre ? Une grande entreprise est comme un paquebot et le faire manoeuvrer est toujours long et de plus rapides frégates ser…  […]

  2. […] Tout le monde veut le changement, mais combien sont prêt à le mettre en oeuvre ? Une grande entreprise est comme un paquebot et le faire manoeuvrer est toujours long et de plus rapides frégates seront toujours plus agiles. Pourtant, tout le monde souhaite tendre dans la même direction. Les volontés et les belles paroles sont légions mais se traduisent bien souvent dans les actes par des changements qui n’en sont pas ou qui éludent les vrais problèmes. Chaque entreprise doit faire face à de nombreux freins pour déclencher et mettre en place les conditions favorables de sa transformation digitale. La Digitalisation ou Transformation Digitale est un mouvement et non une fin en soi (Les 3 chantiers de la digitalisation d’une entreprise et Les 6 étapes de la digitalisation des entreprises) mais peut devenir une étape impérative (Révolution digitale : s’adapter ou mourir) Une entreprise qui se veut être une entreprise digitale (ou numérique pour les fervents défenseurs de la langue française) veut se transformer pour mieux répondre à ses objectifs voire sauver / adapter son business model aux nouvelles contingences concurrentielles… mais elle doit faire face à plusieurs freins d’abord liés aux veilles organisations vieilles cultures et vieux réflexes. 1/ Le changement fait peur2/ Le middle management3/ Le fantasme de la formation4/ Le fantasme de la Technologie….  […]

  3. Heuninckx dit :

    Merci pour cet article qui aborde avec beaucoup de lucidité la question humaine dans une tranformation digitale. Il me confirme egalement que le Personal Branding peut etre une alternative interessante pour valoriser et impliquer l’employé dans la mutation digitale de son entreprise et lui donner s’il le desire un role actif d’ambassadeur dans les medias sociaux.

  4. truntz dit :

    Merci Cédric pour cet article 🙂

    La technologie est en effet trop souvent (facilement) mis au centre alors que c’est avant tout une question humaine, encore heureusement!

  5. Tout à fait d’accord, Cédric, ce ne sont pas les outils digitaux qui comptent mais bien ce que l’entreprise veut en faire et d’abord ce que les collaborateurs peuvent en faire.

    Des personnes qui n’ont pas de culture du travail en commun, ne l’auront pas plus en changeant d’outils. Vaste chantier d’accompagnement du changement où la génération des seniors au pouvoir, n’est pas la mieux formée pour la comprendre.

    Le flop de nombreux intranets devrait pourtant avoir servi de leçon … mais il semble effectivement que les guerres de pouvoir soient plus importantes que les résultats collectifs. L’entreprise n’est pas toujours aussi rationnelle qu’on le croit. Les commerciaux le savent bien !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *