Le management est-il le principal frein à la Transformation Digitale des entreprises ?

Publié le: 19 janvier 2016

Catégories: Transformation digitale

Lorsqu’on parle de transformation et d’acculturation digitales des entreprises, on identifie rapidement les opportunités et les enjeux stratégiques d’actions mais aussi les freins propres à de nombreuses grandes entreprises. L’un de ces freins (mais qui est aussi une force lorsqu’il est embarqué très tôt et de manière pertinente dans la démarche) est le management et faisait partie des 4 freins à la transformation digitale des entreprises que j’évoquais en mai 2014

Le Top Management : l’adhésion et l’impulsion indispensables

Aucune démarche réelle, construite et utile de transformation digitale d’une entreprise ne peut se faire sans l’appui, et l’impulsion forte du Top Management. Que ce soit pour SNCF (La SNCF accélère sa transformation digitale en investissant 450 millions de dollars) ou bien encore La Poste (La Poste : de la transformation à l’accélération digitale), l’impulsion vient clairement de tout en haut et le discours est porté et véhiculé par les plus hauts représentants de l’entreprise.

Au delà des budgets à allouer qui peuvent impliquer que la démarche « vienne d’en haut », il s’agit d’abord de la prise en compte que le Digital est un enjeu qui ne touche pas que la communication, le marketing ou la relation client mais directement le Business model des entreprises. A l’époque où je sortais des bancs de mon école de commerce, et je finissais mon mémoire qui adressait le sujet Internet, ce dernier était soit décrit comme le 6eme média (et donc dans une logique liée à la communication) soit comme un canal de distribution (et donc dans une logique e-commerce). Aujourd’hui, toutes les entreprises les plus avancées dans leur transformation digitale ont bien compris que les enjeux sont bien plus vastes que ceux-là.

La question se pose donc de cet accompagnement hollistique qui géré par des entités ayant un biais peut amener des désillusions importantes ou un simulacre de transformation comme je l’évoquais il y a quelques jours dans mon premier billet en 2016 (Retour sur les sujets digitaux de 2015).

Pour amener l’entreprise vers le digital, il faut fédérer et savoir « leader » (comme disent les anglo-saxons). Plus l’impulsion vient de haut, plus la prise de conscience est forte en interne. Plus l’impulsion vient de haut, plus les guerres de clochers sur la place du digital dans l’entreprise sont (en partie) mises de coté. Il est donc finalement rare, et j’ai pu faire ce constat depuis plus de 5 ans, que le Top Management soit un frein à la démarche. Le vrai problème auquel sont finalement confrontées les hautes instances dirigeantes est le passage de l’impulsion à l’action. Car c’est dans l’action que les freins et les barrières historiques de l’entreprise se lèvent…

Le Middle Management : un frein à la transformation digitale ?

Bien souvent le Middle management se retrouve pris dans l’étau et dans des considérations individualistes et hiérarchiques qui ralentissent le changement (ou en tout cas qui ne le facilite pas). L’entreprise est bien souvent d’abord une guerre de pouvoir pour se faire sa place, y rester, voire prendre celle au dessus de soi. Vous allez me dire que je grossis le trait (et oui je le grossis), sauf que le changement au sein d’une entreprise passe par les collaborateurs, et tous les collaborateurs qui la composent. Bien souvent, ce sont les opérationnels qui sont vus comme les personnes à accompagner et à faire changer.

Le principal changement n’est pas lié à l’adoption d’une technologie numérique, bien un changement de mentalités. Ce changement peut être facilité bien évidemment par de nouveaux modes organisationnels, nouveaux modes de management interne, nouveaux outils de collaboration… mais faire changer les comportements et les mentalités est clairement la partie la plus complexe. Le middle management est bien souvent d’abord pris dans ses guerres intestines de défense des territoires et des silos, tout en reconnaissant les biais et les limites. Mais renoncer c’est peut être reculer dans la hiérarchie. Ce changement culturel est ce changement dans l’appréhension de son rôle de manager. Avoir l’information, c’est avoir le pouvoir pouvait être vrai au siècle précédent dans les entreprises, sauf qu’aujourd’hui le Top Management doit apprendre à promouvoir d’autres comportements et d’autres pratiques managériales en les insufflant fortement au sein de leur entreprise.

Est-ce qu’un Chief Digital Officer est une réponse à ce problème organisationnel ?

Sur le papier oui. En nommant un « Chef » on pense que l’entreprise sera rentrée dans le rang et suivre une même direction. Sauf que bien souvent le Chief Digital Officer n’est qu’un poste pour masquer l’incapacité de l’entreprise à véritablement faire infuser le digital dans tous ses métiers. Le problème continue alors d’être hiérarchique et parfois budgétaire. Hiérarchique car ce CDO a bien souvent peu de pouvoir décisionnel sur des questions opérationnels fondamentales permettant de faire changer les différents rouages de l’entreprise. Hiérarchique car le CDO parfois ne bénéficie pas des équipes et du temps pour la prise de recul nécessaire à prendre les décisions. Budgétaire car bien souvent les budgets annoncés et alloués par les entreprises à leur transformation digitale ne sont pas pilotés directement par le Chief Digital Officer. Le blues du Chief Digital Officer était un bon résumé de la situation bien souvent vécue par certains (lire : Le blues du Chief Digital Officer est-il une réalité en entreprise ?)

8 commentaires pour Le management est-il le principal frein à la Transformation Digitale des entreprises ?

  1. […] Le management est-il le principal frein à la Transformation Digitale des entreprises ? […]

  2. Bonjour Cédric,

    C’est une bonne réflexion que vous nous proposez là. Je ne suis pas experte en transformation digitale, mais je me suis un peu intéressée à la question au travers de la lectures d’articles sur ce sujet, et en écrivant aussi un billet de blog là dessus.
    Votre point de vue rejoint ce que j’ai pu lire ailleurs, à savoir que la réussite d’une transformation digitale, repose sur la volonté de toutes les parties prenantes : direction générale comme managers et opérationnels. La communication entre toutes les personnes engagées dans l’entreprise est, je pense, une clé nécessaire à la réussite humaine de ce type de projet (entre autres).

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  7. Catherine Eychenne dit :

    Merci pour cet article intéressant. Il gagnerait à être complété de quelques clés sur le nouveau rôle du manager que vous évoquez pour que cela devienne plus concret et rendre la transformation possible pour les managers qui le lisent.

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