La verticalisation des applications pour mieux contrôler vos usages mobiles

Publié le: 12 mai 2014

Catégories: Mobile

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Sur le mobile, encore plus que sur usage desktop, il faut savoir créer des services précis. Fini l’application portail regroupant tout un tas de services différents ou complémentaires, la tendance est à la verticalisation des applications pour adresser des enjeux différents. Les géants Internet mondiaux l’ont bien compris et ces derniers jours Facebook et Foursquare notamment ont renforcé leur stratégie dans ce sens

Facebook : devenir indispensable dans tous vos usages mobiles

La montée en puissance de certains usages depuis les smartphones comme la photo, la micro-vidéo, le jeu, le tchat a poussé Facebook à revoir sa copie sur mobile dans plusieurs directions.

  • Sauf que Facebook s’est vite rendu compte que cette stratégie unique ne lui permettrait pas de répondre à des objectifs plus offensifs (développer de fortes audiences sur des applications mobiles, audiences monétisables par des services premium ou de la publicité dans un second temps). Dans un deuxième temps, l’approche a donc été de racheter les solutions les plus populaires qui avaient déjà su intégrer des populations importantes. Instagram et WhatsApp sont ainsi tombés dans l’escarcelle de Mark Zuckerberg (Pourquoi Facebook achète WhatsApp pour 16 milliards de dollars ?) et ce dernier possède de grandes ambitions pour en faire rapidement des produits monétisés (Pourquoi Facebook va s’inspirer de WeChat pour monétiser et développer WhatsApp ?). Au delà de tuer un potentiel concurrent, l’enjeu est de bénéficier d’applications verticales fortement utilisées notamment par une population jeune accusée de délaisser Facebook.
  • La troisième étape est la continuation de cette stratégie de rachats par Facebook sur de nouveaux usages qui n’étaient pas présents nativement dans Facebook. Le meilleur exemple est le rachat de l’application Moves (Facebook acquires Moves, a Fitness Tracking App). On peut donc présupposer que Facebook devrait continuer dans cette stratégie et s’intéresser à des nouvelles applications verticales dans d’autres univers qui pourraient être les jeux mobiles ou la musique par exemple.

Sauf que cette stratégie de multiplication des applications mobiles n’est pas toujours du goût des utilisateurs notamment lorsqu’il s’agit de sortir d’un des principaux usages de l’application principale, la messagerie, pour en faire une application verticale (Facebook se fout de vous avec son appli Messenger).

Foursquare : splitter deux usages (les avis sur des lieux et la gamification)

Début du mois, Foursquare annonçait sa volonté de revoir en profondeur sa copie notamment en splittant son application en deux applications verticalisées (Foursquare change de modèle et se divise en deux applications, Swarm et Foursquare). Il faut dire que depuis un certain temps le service avait du mal à trouver sa position (Foursquare revoit sa stratégie pour développer l’usage de son service, publié en 2011), et la montée en puissance de services concurrents avait freiné très tôt son développement (Google s’attaque directement à Foursquare avec Google Latitude), et ce malgré l’intérêt d’entreprises majeures (Foursquare : quel avenir avec l’arrivée probable de American Express ?).

Apple : contrôler le terminal et certaines applications

Au travers de sa stratégie mobile et demain d’objets connectés, il s’agit pour Apple de ne pas seulement être un constructeur d’appareil technologique mais également un concepteur d’application. La nouvelle version de son OS, iOS 8, devrait par exemple proposer de nouvelles applications made in Apple comme le HealthBook.

Le quantified self en lien directement avec la santé, son alimentation et son activité sportive étant une tendance forte sur laquelle de nombreuses sociétés se sont déjà positionnées ou repositionnés (à l’instar de Nike lorsqu’ils annoncent arrêter Nike Fuelband pour se concentrer moins sur les objets et plus sur les applications), Apple ne pouvait pas la laisser passer. Le but de cette application n’est pas seulement d’apporter un plus sur un nouveau système d’exploitation. En effet, cette application pourra et devra certainement être reliée à des objets connectés (bracelets ou montres).

Contrôler l’écran de démarrage de votre téléphone

Si sur Internet, les navigateurs Internet représentaient notre page de démarrage et d’entrée, sur le mobile le navigateur Internet est une application parmi d’autres finalement. L’enjeu est à la fois de contrôler le système d’exploitation (et ça Google l’avait compris très tôt à l’instar de ces concurrents) mais également l’interface de démarrage. En 2013, Facebook avait semblé sur cet enjeu frapper un grand coup avec l’annonce de Facebook Home (Facebook Home, l’écran (mobile) de fumée de Facebook ?). Aujourd’hui, le constat est celui d’une fonctionnalité qui a beaucoup déçu. Néanmoins il demeure un vrai enjeu comme le prouve le rachat de la société Cover Lock Screen par Twitter en avril dernier.

Cover_twitter

Le principe de cette application est de remplacer l’écran de verrouillage par défaut de son appareil mobile par une interface permettant d’accéder rapidement à ces applications préférées par exemple. Préférées ? Pas vraiment. Le système se veut intelligent et en fonction de votre mode de consommation de vos applications (le matin, le week-end, en soirée) ce ne seront pas nécessairement les mêmes applications qui seront mises en avant.

Les concurrents sur ce marché sont nombreux au delà de Facebook et de son Facebook Home. En effet, en janvier dernier, Yahoo! avait racheté le service Aviate pour 2 millions de dollars alors que Mozilla de son côté a déjà investi 25 millions de dollars dans EverythingMe.

Les leaders Internet veulent tous montrer qu’ils sont tous désormais « Mobile First » et pour ce faire ils ont compris que proposer un catalogue d’applications, et que contrôler les interfaces de  étaient le meilleur moyen pour le faire.

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3 commentaires pour La verticalisation des applications pour mieux contrôler vos usages mobiles

  1. […] Sur le mobile, encore plus que sur usage desktop, il faut savoir créer des services précis. Fini l'application portail regroupant tout un tas de services différents ou complémentaires, la tendance …  […]

  2. je suis plutot d’accord avec tout ceci d’ou ma surprise de lire ce midi que Facebook faisait marche arrière avec Poke et Camera
    http://www.01net.com/editorial/619564/facebook-supprime-poke-et-camera-de-lapp-store/

    • Verticaliser ne veut pas dire conserver des applications qui ne marchent pas ou qui font doublon comme Facebook Poke (depuis que Facebook a racheté Snapchat et lancé Facebook Messenger).

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