La SNCF accélère sa transformation digitale en investissant 450 millions d’euros

Publié le: 10 février 2015

Catégories: Mobile, Transformation digitale

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La SNCF comme d’autres grands groupes (Groupe La Poste, Orange…) a compris l’importance de sa transformation digitale. Pourtant, si on se replonge 15 ans en arrière, la SNCF faisait déjà partie des grandes entreprises françaises pionnières dans le digital avec le lancement de sa filiale e-commerce Voyages-SNCF. La SNCF finalement a connu 2 vagues et a décidé cette année, sous la coupe de Yves Tyrode qui a été nommé fin d’année dernière Chief Digital Officer de SNCF (après avoir mené à succès de nombreuses transformations chez Voyages-SNCF – voir la vidéo ITW que j’avais fait à l’époque), d’enclencher sa 3ème vague, celle de l‘accélération digitale.

La première vague fut la vague du e-commerce avec notamment Voyages-SNCF mais également des offres 100% digitales comme iDTGV. La deuxième vague entamée en 2010 et qui a duré ces 60 derniers mois s’est concentrée sur les usages mobiles avec le lancement de nombreuses applications marchandes et d’information. SNCF au travers d’une conférence de presse animée par Guillaume Pepy et Yves Tyrode ce 10 février 2015 a décidé de lancer un nouveau coup d’envoi de son « accélération digitale ».

L’ambition affichée par SNCF est forte puisque l’ambition est devenir un « transporteur digital » sous les 18 mois. Cette ambition passe au travers d’un certain nombre de projets clairement identifiés et des investissements financiers importants. Ce sont, en effet, 150 millions d’euros pendant 3 ans que SNCF met sur la table pour accompagner cette transformation digitale. Intéréssons-nous maintenant aux projets présentés par SNCF. Avant de les détailler, la ligne directrice fixée par SNCF est claire : aller vite (d’où la notion d’accélération digitale – Guillaume Pepy parlant même de « Fast and Furious » pour définir l’état d’esprit qui doit régner au sein des équipes impliquées de la SNCF) et être utile pour les clients mais aussi pour les agents. J’en viens donc aux différents projets présentés :

  • Le développement haut mobile dans les trains : vrai problème vécu par tous de la non accessibilité à la 3G, 4G (voire même Edge dans les trains). Globalement, rien de nouveau même si SNCF souhaite faire un pas fort vers les opérateurs pour aider ces derniers à déployer des antennes sur le réseau SNCF et ainsi augmenter l’accès à internet mobile dans les trains. Ce qu’il faut comprendre ici c’est que la SNCF ne souhaite pas investir dans le Wifi (peut-être pour des raisons de coûts devant être alors supportés par la SNCF qui avait alors mis beaucoup d’argent sur la table pour développer l’accès à Internet dans les trains par voie satellitaire, coût estimé à plus d’1 million d’euros par rame) mais compte plutôt sur les investissements que feront les opérateurs. Je vous avoue que c’est le point sur lequel je suis le plus sceptique car l’impression demeure de voir SNCF et opérateurs téléphoniques se renvoyer la balle ces prochains mois avec l’ARCEP (l’autorité de régulation) au centre.

  • Simplifier la logique mobile de SNCF : jusqu’alors et comme de nombreuses maisons, le Digital se retrouvait éclaté entre de nombreuses branches sans tête pour coordonner. Le Groupe La Poste fut l’une des premières grandes maisons à comprendre l’importance de ce pilotage et coordination interne des actions digitales des métiers avec la création de la Branche du Numérique il a maintenant plus de 2 ans. Dans le cas de SNCF, cette désorganisation transparaissait au travers de nombreuses applications mobiles d’informations sur les horaires sans une application les réunissant tous (les horaires de tous les trains). L’application simplement nommée SNCF est disponible depuis quelques semaines sur les différents stores et entend enfin se centrer sur un usage simple et complet pour l’usager.

  • Accélération de l’ouverture des données : SNCF s’est déjà engagée depuis plus de 3 ans dans une stratégie Open Data. SNCF veut accélérer en intégrant désormais un vrai business model derrière (à partir de fin mai). En fonction de l’appel des données (globalement si on est Google ou si on est une petite start-up), la facturation ne sera pas la même. De là à imaginer par contre que la SNCF, demain, gagne plus d’argent en vendant de la donnée (qui a dit « la data est le pétrole du 21ème siècle ? ») voire que les prix des billets baisseront, fort de ces nouveaux revenus, il n’y a qu’un pas… mais malheureusement non. Toujours sur le mobile, SNCF lance son propre store permettant à la fois aux développeurs d’avoir une boite à outils simplifiant la création d’applications, mais aussi une plateforme permettant de simplifier leur accès et leur visibilité auprès des usagers mais aussi des agents. Les agents sont effectivement une population interne importante à ne pas négliger pour SNCF. L’ambition d’ici 6 mois est de permettre à 80 000 agents d’être équipés de terminaux mobiles.

  • La création d’un fonds d’investissements Digital SNCF Ventures doté de 30 millions d’euros. Là encore, SNCF suit Orange, Canal+ ou bien encore La Poste qui proposent déjà leur propre fonds d’investissements et incubateur pour accompagner les start-ups (lire : Les grandes entreprises et l’innovation : je t’aime, moi non plus). Néanmoins, SNCF fixe haut ses ambitions en mettant 30 millions d’euros sur la table pendant 3 ans pour prendre des parts dans des start-ups. Il faudra bien évidemment suivre ces prochains mois les prochaines annonces de SNCF de prise de part ou de rachat intégral de société.

  • Toujours pour accompagner son développement et s’inspirer des pratiques des leaders du Digital (lire : Ce que les GAFA nous apprennent sur la Transformation Digitale), la SNCF annonce le lancement de 4 Fabs appelés les 574 (qui correspond au record de vitesse en train battu par un SNCF) pour marquer là encore cette volonté d’aller vite. Ces 4 fabs seront des lieux de créations faisant également office d’incubateurs et réunissant des équipes internes dans une logique là encore proche de la Villa Bonne Nouvelle de Orange que je vous avais présentée dans Orange ouvre la ville Bonne Nouvelle, son espace de co-working. Ces 4 fabs seront autour de l’Open Data, de la Big Data, des Objets Connectés, et de l’ergonomie (et notamment des applications mobiles).

fab-sncf

Bref vous l’avez compris SNCF entend se doter de moyens forts pour mener sa transformation digitale à la fois en terme d’organisation, que de projets menés et de ressources financières allouées. Avec plus de 450 millions mis sur la table sur les 3 prochaines années et un premier rendez-vous (point d’étape) dans 18 mois, la SNCF semble avoir les moyens de ses ambitions.

3 commentaires pour La SNCF accélère sa transformation digitale en investissant 450 millions d’euros

  1. Jérémy dit :

    Je pense que pour le WIFI, je pense qu’il y a aussi la notion de fiabilité qui entre en jeu, le WIFI n’est pas une technologie très adaptée pour la mobilité. Lorsqu’on prend le train en direction de Bruxelles (le WIFI équipe déjà le train) la connexion est meilleure en … 3G/4G qu’en WIFI.

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