Mes 5 prédictions digitales pour 2016

Publié le: 6 janvier 2016

Catégories: E-marketing, Transformation digitale

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Cela faisait quelques temps que je ne m’étais pas lancé dans l’exercice des prédictions autour du Digital. Après être revenu sur certains articles publiés l’année dernière dans Retour sur les sujets digitaux de 2015, je vous propose de renouer avec une pratique qui convient parfaitement aux premiers jours de l’année : celles d’anticiper sur ce que nous réserve 2016.

PREDICTION 1 // 2016 ne sera pas l’année de l’adoption de l’Internet des Objets… par les utilisateurs

En 2014 et 2015, on a assisté à l’enthousiasme marqué autour de l’Internet des Objets. Sauf que malgré les prédictions des enthousiastes dont font partie nombres de cabinets, je pense que l’Internet des Objets ne décollera toujours pas en 2016. Il faut avouer que les cabinets d’analyse sur ce point se mouille faiblement en parlant de…2025. On est sans nul doute en train d’assister au même syndrome que ce qui s’est passé avec les smartphones à l’ère de l’Edge : la technologie permettait de surfer sur Internet depuis son téléphone mais le besoin des internautes n’était pas là.

Aujourd’hui, la majorité des études centrées sur l’écoute des besoins des internautes font ressortir que l’Internet des Objets n’est pas encore une réalité et la majorité des annonces sont d’abord considérées comme gadgets. Pour n’en citer qu’une, une étide Ifop publiée fin d’année dernière révèle que, si 57% des personnes interrogées maitrisent la notion d’objets connectés (76% chez les moins de 25 ans et 69% des Franciliens), ils sont presque autant, 58%, à les considérer comme inutiles.

Nous sommes que dans la première ère des wearables et autres objets connectés et la vague massive de consommation ne sera pas pour 2016 n’en déplaise aux enthousiastes et autres early adopters.

PREDICTION 2 // Les applications de messagerie vont asseoir leur souveraineté sur les médias sociaux

Snapchat, WhatsApp, WeChat… cela fait maintenant plus de 3 ans que je vous parle mensuellement de la montée en puissance ‘exponentielle’ de ces applications de messagerie. En 2015, j’ai dû intervenir plus d’une dizaine de fois auprès de grandes entreprises nationales et internationales pour expliquer le principe de ces applications de messagerie qui sont bien plus que des applications de messagerie. Je l’avais évoqué notamment en détail dans un billet post achat de WhatsApp par Facebook (Pourquoi Facebook va s’inspirer de WeChat).

Les tests menés actuellement par Facebook de faire de Facebook Messenger son fer de lance du développement de services de relation client pour les marques mais aussi de fonctionnalités e-commerce (comme la réservation de chauffeur Uber directement depuis l’application 🙂 sont un témoignage supplémentaire de l’importance stratégique de ces applications pour les géants du Web. Twitter par exemple qui malgré la croissance de ces revenus grâce à un renforcement de sa stratégie publicitaire continue de voir sa croissance des utilisateurs en berne car s’est fait aujourd’hui dépasser par Snapchat pour la consommation de contenus.

Dans le domaine de l’entreprise, Slack connaît un formidable succès outre-Atlantique et va accélérer en 2016 son déploiement et implantation en France. Le principe est simple : Slack se présente comme une fenêtre de tchat accessible sur ordinateur ou smartphone à laquelle s’ajoutent des chaînes de discussions thématiques (pour plus de détails : Slack, l’application de messagerie que s’arrachent les entreprises). De même Facebook avec Facebook@Work entend imposer en interne dans les entreprises son réseau social. Là encore au  delà des fonctionnalités de Groupe, la notion de messagerie instantanée est clé.

PREDICTION 3 // Après le paiement, la bataille des acteurs du Web se passera également sur les services bancaires

Les banques est l’un des secteurs les plus à risque face au digital (lire : Les banques face à leur transformation digitale risquent-elles de se faire uberiser ?). Le problème de ces dernières est non pas de savoir innover, créer des nouveaux services mais d’avoir pas su gérer la lente dégradation de leur image au fil du temps. Les gens n’ont plus confiance dans leurs banques (lire : Pourquoi les banques peinent à regagner la confiance de leurs clients ?) or le marketing avant tout chose réside sur la confiance. Si les banques en ligne dans un premier temps, et les Fintechs, désormais ont redistribué une partie du marché (encore faible il faut l’avouer), l’arrivée de vrais « game changers » pourrait rapidement changer la donne.

Et parmi ces games changers, on peut penser au GAFA (Google et Amazon notamment). Il suffit de voir qu’en Chine, WeChat, l’application de messagerie sait manier habilement usages web et mobiles, innovation et confiance. Ainsi, depuis le 15 mai, WeBank (la partie bancaire de WeChat) propose des financements en ligne à un échantillon de 50 000 utilisateurs de QQ, l’autre messagerie de Tencent, la société mère. Ces utilisateurs, triés sur le volet à partir des données personnelles, peuvent obtenir en dix secondes des prêts allant jusqu’à 200 000 yuans (28 600 euros). Tout cela est regarder de très près par les leaders occidentaux du Web.

Dans un autre aspect, Orange montre également des velléités récemment sur le sujet avec le rachat de Groupama Banque (plus de détails : Orange rachète Groupama Banque pour lancer sa banque mobile). Il faut dire qu’en Afrique, les acteurs de télécommunications sont également des banques, ce qui est déjà le cas pour Orange ou bien MTN (société leader des télécommunications dans de nombreux pays Africains et que nous accompagnons via The Persuaders dans le déploiement de leur stratégie digitale dans plusieurs zones africaines).

PREDICTION 4 // Twitter n’arrivera pas à remonter la pente glissante sur laquelle il se trouve depuis plusieurs mois

Jack Dorsey revenu aux manettes de Twitter après l’éviction de Dick Costolo doit faire face à de nombreux chantiers. Le cours de Bourse continue à être à son plus bas historique… et encore plus depuis quelques jours avec l’annonce de Twitter de vouloir faire sauter un élément de l’ADN du service la limite des 140 caractères pour les tweets. C’était déjà le cas depuis plusieurs mois pour les Messages Privés (DM) : Pourquoi  Twitter fait sauter la limite des 140 caractères sur les messages privés.

Ce qui est compliqué depuis de très longs mois pour Twitter c’est la conjonction des 3 éléments suivants :

  • La croissance des utilisateurs est en berne et Twitter s’est fait dépasser alors par les applications de messagerie ou bien encore Instagram.
  • Twitter n’arrive pas à fidéliser quantité de ses utilisateurs, ce qui est problème historique et profond pour Twitter. D’où la volonté par touches successives de simplifier la compréhension de Twitter (dont la limite des 140 caractères pour les tweets est une nouvelle étape).
  • La concurrence ne se limite plus à Facebook mais bien aux applications de messagerie instantanée avec Snapchat en premier lieu qui vient attaquer Twitter sur ce qui faisait l’une de ses forces : l’accès immédiat et sur un format court à l’information.

PREDICTION 5 // Data et Customer Centric seront les mots clés des stratégies digitales des entreprises

Volontairement ici je ne parle pas de Big Data mais bien de Data tout simplement. Je pense ici aux données clients bien évidemment mais aussi, de manière plus opérationnelle, à la capacité des marketeurs digitaux d’optimiser leurs actions digitales en sachant mieux suivre et analyser des tableaux de bord opérationnels. J’avais déjà évoqué ce sujet en détail dans un article il y a quelques mois (5 mythes sur la mesure de performance de vos actions sur Internet) et qui me paraît encore plus vrai pour cette nouvelle année.

Customer Centric marquera également la prise de conscience face à tout un ensemble de phénomènes dont la montée en puissance des adblockers que la notion d’utilité et de valeur pour l’utilisateur sont centrales. Les entreprises revoient l’importance, après la vague que l’on a eu des applications mobiles et des médias sociaux, de repenser la personnalisation de leur marketing en fonction du client. Cela passe par le site, point névralgique des stratégies digitales d’une très grande majorité d’entreprises, mais aussi par une meilleure coordination des actions de marketing 360 entre elles pour délivrer une meilleure valeur à l’internaute.

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